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« Bousculer les formes »Murielle Magellan

De retour à Montauban pour y présenter son premier roman, Murielle Dbjay qui signe à présent Murielle Magellan, y a témoigné en toute simplicité de sa vitalité.

Le public, en ce 16 janvier 2010, était curieux à la fois de son travail d'écriture mais aussi de l'évolution de la vie de la jeune Montalbanaise qui s'est livrée avec plaisir au jeu des questions-réponses (à l'initiative de la librairie Le Scribe).

La jeune montalbanaise Murielle Dbjay

Lily Latu était là pour faire remonter quelques souvenirs du début, sur les planches à la FOL (Fédération des Oeuvres Laïques), de la toute jeune Murielle que sa mère, enseignante, incita à faire du théâtre dès l'âge de 11 ans. En conséquence, pendant des années, chaque samedi, l'univers de l'artiste en herbe a été celui du monde de l'éducation populaire.

Mais Murielle « traînait » très tôt une passion autre que celle du théâtre : la chanson, et une camarade de classe était là pour rappeler qu'en classe de seconde, elles rythmaient les tours de piste chers au prof d'EPS, en chantant "My Lord"... Elles parièrent même de répondre en chansons au prof de français ! D'ailleurs, la chanson décidera d'une première étape de sa vie : la montée à Paris.

Avec une autre association montalbanaise, Alors Chante ! Murielle Dbjay a pu, sur la scène du théâtre, montrer tous ses talents à la manière de Barbara. Je n'ai qu'un souvenir vague de son tour de chant mais j'avais gardé la sensation d'une forme artistique « tonique », premier terme que reprendra une personne pour qualifier son roman.

Appartenant à un monde « protégé » elle finira par s'installer définitivement à Paris où, par un travail constant, elle forcera peut-être la chance. Etrange coïncidence que de retrouver à la tribune de l'Ancien Collège de Montauban, une semaine après Gérard Barray, dont la jeunesse montalbanaise a été entourée par des sages-femmes avant de devenir artiste à Paris au début des années 50, une enfant de médecin ayant suivi le même chemin dans un autre univers artistique quarante ans après.

La romancière Murielle Magellan

Murielle précise les conditions dans lesquelles elle est devenue romancière. L'envie l'habitait depuis longtemps mais, prise par autre chose, elle laissait ce rêve en jachère. Suite au succès de sa pièce Trait d'union, le journaliste Michel Feld l'engagea à écrire un roman. Le conseil ne tomba pas dans l'oreille d'une sourde qui se lança. Après quelques retards, le journaliste lui apporta son soutien, pour croiser le « passeur » inévitable : l'éditeur. Chez Julliard, Betty Mialet accepta de prendre en compte le roman et Le lendemain Gabrielle fut publié en septembre 2007 A la question : « Quelle est l'activité qui vous intéresse le plus ? » sa réponse fut simple : « Dans tous les cas, je fais la même chose : écrire ». Murielle a plusieurs cordes à son arc – et conseille aux jeunes d'opérer de la même façon pour réussir – mais toutes les flèches visent la même cible.

L'histoire du roman met face à face ou côte à côte, suivant l'interprétation que chacun se fait à la lecture, une solitude et une famille, mais sans défendre une posture plus qu'une autre. La question lui fut posée : « Où est la vraie vie ? » Question qui rejoignait une autre sur le besoin d'écrire : « Faut-il être malheureux pour devenir créatif ? »

Pour la jeune femme, l'essentiel c'est de prendre la vie comme elle vient. On peut être heureux et réussir à écrire, de manière peut-être plus cérébrale que la réponse émotionnelle que suscitera la douleur. « La vraie vie » ce n'est pas celle de demain, c'est celle que l'on vit, en conséquence, à ses yeux, dans le roman, chaque chemin a ses mérites.

Son écriture de romancière ne serait-elle pas marquée par son expérience théâtrale ? Elle espère que non car un roman, c'est une écriture littéraire qui doit avoir sa propre force. Bien sûr, parmi ses outils à disposition, on retrouve l'écriture théâtrale, sa passion pour la chanson mais avec une idée : « bousculer les formes ». En conséquence le roman commence ainsi : « Point final. »

Murielle Magellan est une adepte de la polyculture et à ceux qui craignent qu'elle ne se disperse, elle répond par ses créations constantes.

Quelques références

Après sa vie montalbanaise, Murielle Magellan a suivi des cours de comédie au Théâtre National de Chaillot et parallèlement a obtenu une maîtrise de Littérature moderne à la Faculté de Jussieu en 1991. Ses différentes expériences lui ont permis de développer une technique d'enseignement de la scène répondant aux besoins spécifiques des chanteurs.

Depuis 1999 elle intervient au Studio des Variétés (où elle fut élève en débarquant dans la capitale) dans deux domaines : la mise en scène avec le groupe vocal Cas 6, Jacques Haurogné, William Schott et Cie et le coaching d'interprétation avec Romain Didier, Valérie Barrier et Flor del Fango. On la retrouve aussi dans les stages collectifs.

Par ailleurs Murielle Magellan est auteur pour le théâtre et comédienne : on la sent toujours liée à sa ville de Montauban, avec La Procession, court métrage de François-Henri Soulié.

Le tournant c'est donc Trait d'Union, pièce de 2004, mise en scène de Bernard Murat avec Caroline Silhol, François Marthouret, Stéphane Hillel et Charlotte Kady, jouée au Théâtre des Mathurins à Paris.

Pour la chanson (auteur - compositeur - interprète) elle fut en première partie de Léo Ferré, elle passa au Festival de La Rochelle, à celui de Montauban et au Printemps de Bourges en 1986. Elle s'est sentie obligée de préciser qu'elle n'avait pas chanté depuis plus de dix ans mais que dernièrement, pour un ami, s'étant remise au piano, elle y retrouva d'autant plus de plaisir que sa prestation fut un succès. Il faut ajouter cependant parmi ses références des chanteurs tels que Agnès Bilh, Oshen, Bel Œil, Cap au Nord... Mais la chanson a cédé la place à l'activité majeure qu'est devenue pour elle l'écriture.

C'est la raison pour laquelle la Compagnie des écrivains de Tarn-et-Garonne a déjà retenu la date du samedi 16 janvier 2010 pour inviter Murielle Magellan.

Jean-Paul Damaggio

 


 

Murielle MAGELLAN

Après avoir fait des études de Lettres Modernes, Murielle Magellan a été élève comédienne à l'école du théâtre National de Chaillot.

Elle écrit sa première pièce pour le théâtre (La Saveur Subtile des Dinosaures) dans laquelle elle joue. En 2002, sa pièce Pierre et Papillon reçoit le prix Cinéâtre Fondation Beaumarchais, fait un succès en Avignon off, et est reprise à Paris dans la petite Salle du théâtre des Mathurins.

Sa pièce suivante, Traits d'Union, est montée dans la grande salle du théâtre des Mathurins par Bernard Murat, avec Caroline Silhol et François Marthouret.

Parallèlement, elle co-écrit pour France 2 « Petites Meurtres en Famille », réalisé par Edwin Baylee, et produit par Escazal films, avec Elsa Zylberstein, Bruno Todeschini, Antoine Duléry, Gregori Dérangère... qui reçoit le Globe de Cristal 2006.

Elle co-écrit le premier long métrage de Jérôme Soubeyrand (Zone de Turbulence), en casting actuellement, produit par Jean-Louis Livi et a travaillé avec Francis Huster à l'adaptation du film Umberto D de Vittorio de Sica, (Un Homme et Son Chien), avec J Paul Belmondo.

Actuellement, elle travaille pour la télévision à une adaptation d'Orgueil et Préjugés, de Jane Austen avec l'écrivain dramaturge Véronique Olmi, et au prochain film de Jean-Pierre Améris « La Joie de Vivre » (adapté d'Emile Zola).

Son scénario « La Fayette », écrit en 2008 pour France 2, sera tourné par Louis Choquette à l'été 2009.

Son premier roman, "Le Lendemain Gabrielle", est sorti à la rentrée 2007 aux Editions Julliard, et le deuxième, "Un refrain sur les murs" (éd. Julliard, 2011) vient de paraître en livre de poche.