Denis TillignacL'homme :

Né en 1947, diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux, il a travaillé comme journaliste à La Montagne, en Corrèze, à Figaro Madame et à La Dépêche du Midi, dans les années 1970. Il signe un billet d'humeur chaque semaine dans Valeurs actuelles et publie de temps à autre une tribune dans Mariannne.. Il a été représentant personnel du président de la République Jacques Chirac, au Conseil permanent de la francophonie, Il est éditeur à Paris (« La Table ronde », de 1992 à 2007) et écrivain en Corrèze où il fait partie de l'Ecole de Brive, aux côtés de Claude Michelet, Michel Peyramaure etc. Une grande partie de son œuvre est publiée aux éditions Robert Laffont et Gallimard. Il est membre de l'Institut Thomas More et de la Ligue nationale de rugby.

L'écrivain :

Il s'est offert un destin d'aventurier par procuration, à la suite d'une démission annoncée avec éclat et vécue avec sagesse. Il a publié au moins une trentaine de livres parmi lesquels nous citerons Maisons de famille, paru en 1987 et récompensé par le prix Kléber-Haedens, La Corrèze et le Zambèze qui a obtenu le prix Jacques-Chardonne, L'été anglais qui s'est octroyé le prix Roger Nimier, ou encore Rugby blues, couronné comme grand prix de la littérature sportive. Mentionnons également le Dictionnaire amoureux de la France (Plon, 2008) et le Dictionnaire amoureux du catholicisme (Plon, 2011).

Sa personnalité :

Il partage sa vie entre Paris et Auriac en Corrèze où il aime se ressourcer dans la paix des vieux maquis, sans télévision, journaux ou téléphone portable. Ce territoire est le sien, complexe, à son image. Du fait de la gravité de son profil et des lois de l'attraction, les vaches y sont encore limousines, mais les bolets déjà périgourdins. On y trouve des électeurs socialistes dans les questions vicinales, et chiraquiens dans les scrutins nationaux. On y pratique volontiers ce qu'on appelle dans la vie politique « la double pancarte ». Lui-même avoue « se sentir de gauche au milieu des gens de droite, et de droite au milieu des gens de gauche ».

C'est un homme de passions qui a des coups de cœur, des coups de blues et des coups de gueule. Il admet être un opposant et s'il a soutenu Chirac, c'est, dit-il, « par une fidélité désemparée », un « légitimisme de copains ». Après sa démission fracassante avec celui-ci,

il a publié, en fils prodigue, un portrait tout en finesse de « Chirac le Gaulois » où il écrit, par exemple : « Entre lui et moi, c'est fusionnel, ce n'est pas politique. Je n'ai jamais cessé de le voir. » C'est donc ce personnage passionné, riche de souvenirs que nous recevrons le 21 janvier prochain, un écrivain au style raffiné, parfois désabusé, louvoyant entre doutes et regrets, un ermite occasionnel qui s'enflamme facilement pour ou contre des causes, un fan de rugby qui restera sur sa faim à Montauban, puisqu'il n'y aura pas ce jour-là de match à Sapiac. Attendons-nous à des échanges intenses.

Andrée CHABROL-VACQUIER